Résumé
Dans la lignée de la première croisade, naissent en Syrie-Palestine des structures politiques que l'on connaît sous le nom d'États latins du Levant. C'est dans ce contexte d'implantation latine que sont fondés (parfois réinvestis) des établissements monastiques latins au Levant. Les communautés étudiées sont de deux types : des communautés de moines ou moniales et des communautés de chanoines réguliers, de rite latin. Les ordres religieux-militaires ne sont pas pris en compte dans l'étude. Ces établissements monastiques latins se sont rapidement développés jusqu'à devenir de puissants propriétaires fonciers, parmi les plus importants des États latins. Songeons au chapitre du Saint-Sépulcre de Jérusalem ou à l'abbaye Notre-Dame de Vallée Josaphat qui ont développé de vastes réseaux de dépendances, en Orient comme en Occident. Plus que les pouvoirs laïcs, l'Église, en particulier les établissements monastiques, semblent avoir joué un rôle central dans l'investissement de l'espace rural par les Latins. Malgré leur importance, aucune étude d'ampleur ne leur a été consacrée. La thèse a pour objectif d'analyser les rapports entretenus par ces communautés monastiques avec les territoires qu'elles occupent dans les États latins du Levant. Quels rôles ont joué les établissements monastiques dans l'organisation et la structuration progressive de ces nouveaux territoires politiques ? Quels sont les enjeux, l'ampleur et les caractéristiques de leur implantation dans les États latins du Levant ? L'un des objectifs de la thèse consiste en l'édition des chartes de l'abbaye Notre-Dame de Vallée Josaphat, qui n'ont été que partiellement publiées à ce jour.