Résumé
S’appuyant sur la littérature existante sur le sujet et sur mon enquête doctorale conduite en Île-de-France auprès d’hommes demandant l’asile au motif de l’orientation sexuelle, cette intervention s’organisera en trois temps. Le premier consistera en une clarification terminologique autour des termes de migrants, immigrés, demandeurs d’asile, réfugiés ou sans papiers. Parfois utilisés indistinctement dans le langage courant ou le discours politico-médiatique ils renvoient à des statuts administratifs, des trajectoires et conditions immédiates de vie impliquant des vulnérabilités et des besoins spécifiques en matière de santé. Ce travail sémantique permettra dans un second temps d’aborder les expériences de vie communes à ces différentes catégories populationnelles dans les premiers mois suivant l’arrivée en France et la manière dont elles diffèrent. Une attention particulière sera portée aux effets produits par les structures administratives et politiques ainsi qu’aux implications du type de trajectoire migratoire sur la santé. La santé, sera alors appréhendée non pas uniquement comme une question individuelle et biologique mais aussi dans sa dimension collective, structurelle, multifactorielle. Il s’agira de pointer le caractère éminemment social et politique de l’état de santé. Le troisième temps de l’intervention s’attachera à présenter le périmètre des problématiques de santé qui préoccupent les pouvoir publics à propos de ces populations « migrantes » et à décliner une partie des difficultés et défis auxquels sont confrontés les professionnels de santé et de la prévention. Là encore, il s’agira de dépasser les problématiques habituellement formulées par ces derniers tels que la barrière linguistique ou culturelle pour appréhender les difficultés structurelles, liées à l’incompatibilité entre certaines politiques publiques et aux limites conceptuelles dans lesquelles sont enserrés ces professionnels. Ces développements permettront d’interroger les limites d’une approche de santé publique médicalisée et la contribution du sport et de l’activité physique au-delà seul entretien du corps et des fonctions biologiques.