Résumé
En offrant des exemples d’« expériences achevées » dans les interactions entre hommes et milieux, l’archéologie présente des opportunités inédites pour analyser divers trajectoires et pour imaginer—et pour infléchir ?—des trajectoires dans la Grande Transition actuelle. La contribution unique de l’archéologie repose sur la bonne analyse de la dynamique socio-écologique sur le long terme. Cependant, la justesse d’une telle analyse diachronique dépend de la bonne compréhension du système au niveau synchronique, c’est-à-dire, de son fonctionnement au quotidien. Sur la base d’études comparatives de systèmes socio-écologiques précolombiens et actuels, dans des savanes inondables d’Amazonie et d’Afrique, respectivement, je montrerai qu’il existe des lacunes importantes dans notre compréhension des bases écologiques des systèmes de subsistance précolombiens. La comparaison de systèmes passés et de systèmes analogues actuels permet une ‘archéo-inspiration’ plus précise.