Résumé
Entre 1975 et 1996, la France accueille plus de 50 000 réfugiés issus de l’ex-Indochine (Vietnam, Laos, Cambodge), fuyant les régimes communistes mis en place après la guerre du Vietnam. Cet exode massif, marqué par l’apparition des termes « boat people » et « land people », déclenche une crise humanitaire à l’échelle régionale, puis internationale.Face à cette urgence, la France développe une politique d’accueil exceptionnelle, reposant sur une diplomatie humanitaire alliant action étatique, mobilisation associative (via le FTDA notamment) et collaboration avec les organisations internationales. À travers des opérations de sauvetage en mer, l’accueil par quotas, et son implication dans les conférences internationales de Genève (1979 et 1989), la France s’affirme comme un acteur central de la gestion de cette crise migratoire.Sur le plan diplomatique, cette politique influence ses relations bilatérales avec les pays d’origine des réfugiés, tout en réaffirmant son engagement en Asie du Sud-Est dans une logique de coopération culturelle, scientifique et géopolitique. Ce cas illustre l’émergence d’un humanitaire d’État en contexte postcolonial et de guerre froide.