Résumé
La création de la région Occitanie a été imposée aux anciennes régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées par la réforme territoriale de 2014. Elles ont dû de ce fait fusionner sans concertation préalable ni réelle préparation. Cette fusion a initialement suscité des protestations, notamment en Languedoc-Roussillon et tout particulièrement à Montpellier. Mais elle s’est faite, et de manière assez surprenante sans être remise en cause malgré les alternances politiques, tant au niveau national qu’au niveau régional.Cette nouvelle région, de manière peut-être encore plus surprenante, s’apparente moins à un mélange des deux modèles administratifs et politiques des deux anciennes régions qu’à l’invention d’une nouvelle. Contrairement à ce qui se produit souvent dans les processus de fusion, où l’identité des institutions fusionnées apparaît très longtemps dans les représentations et des actions, comme un palimpseste, la région Occitanie apparaît bien comme nouvelle, et à bien des égards différente de ce qu’étaient les anciennes.L’analyse permet bien sûr d’identifier plusieurs éléments d’explication. Le fait que la création de la nouvelle région ait correspondu à l’élection d’une nouvelle présidente de région, l’existence d’un imaginaire fort et ancien soutenu par l’histoire, la langue et la culture occitanes, mais aussi les susceptibilités en jeu dans chaque fusion qui font qu’une solution nouvelle est souvent préférable au choix entre deux solutions existantes mais antagonistes, et enfin les avantages qu’il y a à remplacer deux solutions obsolètes par une plus récente. Pour autant, des facteurs contraires auraient pu jouer davantage, et le succès de la fusion, peut-être plus apparent qu’on ne le pense aujourd’hui doit continuer à nous interroger.