Résumé
En 1862 Jules Michelet publia « La sorcière », un essai dans lequel il romantise la figure de la sorcière, diabolisée jusque-là. De ce fait, en occident, l’imaginaire de la sorcière va évoluer de la fin de l’épisode historique des chasses jusqu’à nos jours. C’est une figure ambivalente, d’une part toujours maléfique et d’autre part un idéal féminin à atteindre, l’enjeu sera avant tout de réhabiliter cette figure longtemps malmenée et même considérée, par certaines femmes, comme mal comprise. Particulièrement présente dans le paysage culturel comme le cinéma, l’art et la littérature, la sorcière s’est étendue à plusieurs dimensions. Perpétuelle vieille femme et menace pour les enfants, objet d’insultes, symbole fort dans les luttes féministes du XXème et XXIème siècle, elle intervient dans des mouvements sociaux pour le droit des femmes, en faveur de l’écologie et anticapitaliste, ou encore, est une métaphore de la femme indépendante et libre. Aujourd’hui des femmes partout en occident s’autoproclament sorcières avec fierté et inscrivent cela dans une démarche spirituelle. En prenant le contre-pied de la théorie de la sécularisation, nous pouvons affirmer que l'imaginaire de la sorcière participe à une recomposition du religieux et qu’un nouveau paradigme, peut-être pas si marginal que cela, fonctionnant « à la carte », émerge et tend à se démocratiser.Elles sont la réponse à une société et à des institutions jugées dysfonctionnelles, mais les sorcières d’aujourd’hui, contrairement à ce qu’elles laissent entendre se sont adaptées en créant des communautés électroniques et en participant à leur manière à la société de consommation qu’elles critiquent.