Résumé
Les effets du changement climatique affectent négativement la biodiversité et les productions agricoles telles que celles du niébé. Le niébé est une légumineuse d'une importance capitale pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour des millions d'habitants en Afrique sub saharienne et pour le bétail. Le niébé est aussi bien cultivé par les hommes et les femmes et arrive à maturité au bout de 2 mois constituant ainsi un aliment de soudure. Au Sénégal, le niébé est la deuxième légumineuse la plus importante et peut être transformé en couscous, beignets, cake, café etc. représentant une source de revenu supplémentaire pour les femmes qui assurent cette transformation. Cependant, malgré tous les efforts fournis par le programme de sélection pour développer des variétés hautement productives dont le potentiel peut aller jusqu'à 3 tonnes à l'hectare, les rendements restent faibles au Sénégal (800 kg/ha) à cause des contraintes biotiques et abiotiques. Et pourtant, le germoplasme local constitué de variétés traditionnelles et d'apparentés sauvages n'est pas bien exploité. Ces ressources pourraient être des réservoirs de gènes d'intérêt pouvant être utilisés pour améliorer le niébé cultivé. Ainsi, l'objectif global de ce travail est de contribuer à l'amélioration de la productivité du niébé en exploitant la diversité des variétés traditionnelles et d''apparentés sauvages. Pour ce faire, une collection nationale de niébé représentative du germoplasme local a été mis en place à travers des enquêtes et collectes de matériel végétal. Une caractérisation moléculaire a été faite avec les marqueurs SSR et les résultats ont montré que la diversité génétique était plus élevée chez les sauvages que chez les cultivés. Un autre génotypage a été fait sur un panel réduit avec 51 128 SNP. Les résultats ont été comparés avec ceux de la minicore de California Riverside représentant la diversité du niébé cultivé dans le monde (50 pays). La structuration génétique a montré que les accessions du Sénégal forme un groupe différent de ceux déjà identifiés dans la minicore. Ce qui veut dire que ces accessions présentent une certaine spécificité et pourraient enrichir la diversité génétique du niébé déjà existante dans les collections mondiales. Aussi, les sauvages forment toujours un groupe homogène. Les accessions du Sénégal pourraient faire l'objet d'études plus poussées pour identifier des QTL liés à la tolérance/résistance à des stress qui pourraient être introgressés dans des variétés élites afin d'obtenir non seulement des variétés productives mais aussi adaptées aux différentes contraintes.