Résumé
A l’échelle mondiale les écosystèmes sont confrontés à des perturbations et pressions croissantes, entraînant une dégradation globale de leur état de santé. Bien qu’occupant moins de 0,3% de la surface des océans, les récifs coralliens et les herbiers de phanérogames marines sont parmi les écosystèmes marins les plus importants en termes de biodiversité, de protection des côtes, d’alimentation, de sécurité économique et sont essentiels au bien-être de centaines de millions de personnes du monde entier. En raison de leur proximité avec les côtes, ces habitats sont parmi les plus vulnérables de la planète aux menaces liées au changement climatique et aux activités humaines. Cette situation génère un besoin urgent d'améliorer les connaissances pour maintenir leur intégrité et comprendre leur résilience aux différents facteurs de stress. La télédétection optique est couramment utilisée pour cartographier et surveiller les habitats benthiques côtiers. En raison des contraintes liées aux caractéristiques de l'eau sur les images satellites individuelles (effets de surface, atténuation dans la colonne d’eau), ces dernières ne sont souvent utiles que pour cartographier les eaux claires et peu profondes, lorsque les conditions d’acquisition et de luminosité sont les plus favorables. Grâce aux évolutions rapides des capteurs et à la multiplication des missions spatiales, des collections d'images homogènes à hautes résolutions spatiales et temporelles sont aujourd’hui disponibles sur les océans à l’échelle mondiale. Des nouvelles images des fonds marins ont été produites à partir de séries temporelles d'images satellites Sentinel-2.Les chaines de traitement spécifiques développées pour masquer les nuages, corriger les effets de surface, et calculer des statistiques temporelles sur des centaines d’images, ont permis d’améliorer le rapport signal sur bruit des données, révélant des informations sur les fonds marins mésophotiques (> 30m), à des profondeurs beaucoup plus importantes qu’avec les analyses traditionnelles d'images individuelles. Le nombre d'images fusionnées est déterminant pour la profondeur maximale de perception du fond (au-delà de 70 m par endroits). Cette méthode, appliquée sur des îles du sud-ouest de l'océan Indien (La Réunion, les Seychelles) a permis de produire des données d’intérêt dans des secteurs et à des profondeurs jusqu'à présent encore très mal cartographiés. La mise en production de cesalgorithmes sur de larges échelles spatiales permettra de générer des jeux de données de référence pour répondre aux besoins des scientifiques et des gestionnaires.