Résumé
L’ILL possède un Réacteur à Haut flux (RHF) destiné à la recherche fondamentale. Il produit le flux continu de neutrons thermiques le plus intense du monde et est constitué d’un élément combustible hautement enrichi composé de 280 plaques cintrées en développante de cercle, séparées par une distance nominale de 1.8 mm. Dans le cadre de sa conversion en un combustible faiblement enrichi, un dispositif a été développé afin d'évaluer de façon non destructive le gonflement des plaques dû à l’irradiation. Il est destiné à s’introduire dans le canal d'eau séparant deux plaques combustibles. Il intègre deux transducteurs ultrasonores usinés à l’extrémité d’un sabre en acier inoxydable et résonnant sur des fréquences de l’ordre de 100 MHz pour obtenir une résolution d’une vingtaine de microns. Les transducteurs possèdent une structure multicouche composée d’un élément piézoélectrique collé sur un support en silice. Ce dispositif est excité par une impulsion électrique générant une onde ultrasonore. Celle-ci se propage à travers la structure, produisant une série d’échos acoustiques dans la ligne à retard. La série de signaux complémentaires est transmise dans l’eau et se réfléchit sur les plaques combustibles. Avec un traitement de signal adapté, l’intervalle de temps existant les deux séries permet d’identifier l'épaisseur du canal d’eau. L’originalité du traitement du signal réside dans l’optimisation de la précision de la mesure par la mise en place d’une intercorrélation entre les deux séries d’échos. L’exposé s’attachera à présenter les étapes numériques de détermination de l’épaisseur du canal d’eau ainsi que les éléments mis en œuvre afin d’envisager une mesure in situ. En particulier, il sera nécessaire de prendre en compte le fait que l'’élément combustible est placé au sein d’une piscine de refroidissement à une profondeur d’environ 12 m, générant, outre les problématiques de radiation, des contraintes expérimentales fortes.