Résumé
Le changement climatique implique des extrêmes climatiques plus fréquents et plus intenses. Ces extrêmes climatiques que sont les sécheresses et les pluies abondantes, impactent directement les eaux souterraines et les eaux superficielles. D’une manière générale, les eaux souterraines, qui réagissent plus lentement, sont considérées comme plus résilientes aux extrêmes climatiques. Par ailleurs, le lien entre les eaux souterraines et les eaux superficielles diffère en fonction du contexte hydro(géo)logique, et ce lien peut varier dans l’espace et au cours du temps.L’étude vise à mieux comprendre l’influence des différentes lithologies et contextes hydroclimatiques sur le lien entre les eaux souterraines et les eaux superficielles (ESO-ESU), et d’apporter des éléments de réponse sur l’évolution du lien ESO-ESU dans un contexte de changement climatique en se focalisant sur les extrêmes hydroclimatiques, en particulier les étiages. Cette étude est réalisée par une approche de screening à l’échelle nationale à l’aide de méthodes statistiques.Dans un premier temps, une base de données regroupant des bassins versants avec des couples de stations piézométriques et hydrométriques en France a été réalisée. Les bassins versants pour lesquels une forte relation ESO-ESU semble exister (sur la base d’indicateurs hydrologiques et de corrélations croisées entre signaux) ont ensuite été sélectionnés afin de calculer les tendances à long terme. Enfin, l’évolution du lien ESO-ESU à long terme a été analysée.Les premiers résultats de l’étude montrent, en général, une baisse conjointe des niveaux piézométriques et des débits moyens et minimums annuels. Cette baisse est plus prononcée pour les débits que la piézométrie. Certains bassins présentent tout de même des tendances piézométrie-débits non cohérentes voire opposées. Une baisse de l’intensité du lien ESO-ESU est par ailleurs observée pour les couples étudiés. Une évolution des interactions ESO-ESU semble donc avérée, dans un contexte de changement climatique. La suite des travaux consistera à analyser à l’échelle de certains bassins versants, les processus décrivant les interactions ESO/ESU, pour bien identifier les effets seuils ou les points de rupture.