Résumé
Si la recherche se confine habituellement à des laboratoires, nous présenterons une étude innovante de 3 ans, financée en 2012 en France par la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Toxicomanies. Dans cette étude un laboratoire de recherche universitaire en psychologie, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale et les usagers (six mouvements d'entraide nationaux) ont mutualisé leurs forces pour travailler ensemble. Notre hypothèse est que l'adhésion à un mouvement d'entraide aux personnes en difficulté avec l'alcool favoriserait le dépassement du sentiment de solitude de la personne alcoolique grâce au partage de valeurs interpersonnelles (relation à autrui) ; la restauration stable des liens sociaux serait alors un facteur favorisant le maintien de l'abstinence dans le temps qui permettrait aux personnes de sortir de la marginalisation et du risque de désinsertion sociale. Les participants à l'étude sont des personnes en difficulté avec l'alcool, récemment sevrés, venant chercher aide et soutien auprès d'une association. Ils sont recrutés, sur la base du volontariat, par des membres des associations partenaires constituées en réseau, et à qui est conféré un rôle de co- investigateurs. Ces derniers recueillent les données du bilan initial comportant des variables alcoologiques. Les valeurs interpersonnelles sont évaluées par le questionnaire « Inventaire des valeurs interpersonnelles », mis au point par L. Gordon. Ce questionnaire est administré par téléphone tous les 3 mois par un enquêteur recruté à cet effet ; il est complété par un bilan du comportement face à l'alcool. La durée de suivi est de 12 mois. Au total, deux cent participants seront recrutés sur la base du volontariat. L'anonymat des participants et celui de l'association d'entraide à l'origine de l'inclusion est totalement respecté.