Résumé
L’objectif est de s'intéresser aux jeux de la construction identitaire dans le cyberspace et mettre en valeur qu'ils ne sont pas exceptionnels ; les mêmes processus se développent dans d’autres contextes spatiaux. A travers la présentation d'une étude du cas d'un fantôme célèbre du net, Nenita Villaran, et des identités multiples des scammeurs qui se cachent derrière, il s’agit d’essayer de mettre en valeur les constructions intellectuelles complexes par lesquels les individus articulent des spatialités, des frontières et des lignes de rupture à plusieurs niveaux d’échelle. Cette capacité plastique à moduler leur environnement leur permet de devenir sujets. Mais c'est aussi en se conformant à des rôles et préjugés de nature variée qui rendent effectives ces frontières.Ces identités projetées à une échelle globale, tout en insistant en permanence sur l’ancrage local, ne sont plus la juxtaposition, plus ou moins réussie, de divers lieux situés à des distances lointaines ; de même, ce n’est plus le global qui s’impose au local, mais le local qui va « piquer » dans le monde des éléments choisis pour construire des lieux autonomes et réflexifs, adaptatifs, bien réels ou plus ou moins construits -le problème n'est plus à ce niveau.