Résumé
INTRODUCTIONLes cellules β-pancréatiques, qui sécrètent l’insuline, jouent un rôle déterminant dans l'homéostasie glucidique.De nombreuses études montrent que les flavonoïdes sont capables de moduler la sécrétion d’insuline. Nous avons précédemment montré que l'un d’entre eux, la quercétine, potentialise la sécrétion d'insuline induite par le glucose. Dans ce travail, nous étudions l’activité (modulation de la sécrétion d’insuline) et le mécanisme d’action de trois analogues de la quercétine : le résokaempférol, la morine et la galangine.MATERIELS ET METHODESLes expériences de sécrétion sont réalisées avec des cellules β INS-1 et des îlots de Langerhans isolés à partir de pancréas de rats. L'insuline sécrétée est quantifiée par HTRF (homogeneous time-resolved fluorescence). Afin de déterminer les mécanismes d’action mis en jeu par les différents flavonoïdes, l’activité des canaux calciques voltage dépendant de type L (CaV) a été mesurée en patch clamp sur cellule entière, le calcium intracellulaire déterminé à l’aide d’une sonde fluorescente et la consommation d’oxygène mitochondriale mesurée par oxygraphie haute résolution.RESULTATSEn glucose stimulant (8.3 mM), le résokaempférol potentialise de façon concentration dépendante la sécrétion d'insuline alors que la galangine l’inhibe. La morine ne module pas la sécrétion d’insuline. D’un point de vue mécanistique, le résokaempférol activerait les CaV conduisant à une augmentation de l’influx calcique. La galangine altérerait la fonction mitochondriale en agissant comme un agent découplant.DISCUSSION-CONCLUSIONNotre travail montre que le résokaempférol et la galangine exercent des effets opposés sur la sécrétion d’insuline. De plus, nos données indiquent que ces flavonoïdes ont des cibles pharmacologiques distinctes malgré des structures chimiques proches. Le résokaempférol ciblerait et activerait les CaV au niveau de la membrane plasmique tandis que la galangine agirait au niveau mitochondrial. Son comportement pharmacologique évoque celui d’un découplant de la chaine respiratoire mitochondriale conduisant à une inhibition de la sécrétion d’insuline induite par le glucose.Références bibliographiquesSUSTAIN 1-5 et 7