Résumé
Les auteurs présentent une méthode de calcul du coût de l'eau d'irrigation à partir de l'application de méthodes d'actualisation dont ils rappellent les fondements, et notamment les hypothèses sur lesquelles elles reposent. Ils donnent aussi quelques indications sur les raisons pour lesquelles certaines méthodes alternatives doivent être rejetées (comme la maximisation du taux interne de rentabilité, ou la recherche d'équilibres budgétaires), et pour lesquelles en particulier l'emploi de taux hyperboliques n'est pas admissible. Pour pallier les problèmes liés au fait que certains investissements (barrages, pompes...) ont des durées de vie différentes, et qu'ils ont été réalisés dans le passé ou sont programmés dans le futur à des dates différentes, ils ont travaillé sur un horizon infini. Les auteurs indiquent comment ramener les résultats par exemple à un coût annuel du service de l'eau. Ils donnent ensuite quelques indications théoriques et pratiques pour le choix d'un taux d'actualisation, en montrant d'abord les raisons qui conduisent à choisir un taux d'actualisation nécessairement positif (effet "richesse" et préférence "pure" pour le présent). Dans une dernière partie ils appliquent cette méthode à quatre périmètres irrigués situés en France, avec pompage en nappe, ou en rivière, cette dernière étant avec ou sans soutien d'étiage, ou encore avec un stockage intermédiaire de l'eau dans un lac. Le coût dit "financier" obtenu se divise de fait en quatre composantes : dépréciation physique du capital, coût d'opportunité du capital, exploitation et maintenance, dont on peut comparer l'importance relative d'un périmètre à l'autre. Les auteurs peuvent aussi comparer le coût de l'eau entre ces différents périmètres, et donner des indications sur la sensibilité du résultat vis-à-vis du taux d'actualisation.