Résumé
Le géographe comme l'économiste traitant des questions spatiales se trouvent confrontés à un paradoxe, en matière de localisation des entreprises T.I.C.. Par définition, les télécommunications permettent la communication à distance : elles devraient donc faciliter la dispersion et non la concentration des activités. Or, c'est l'inverse que l'on constate souvent: l'activité TIC en France se localise suivant la hiérarchie urbaine et les principales agglomérations constituent en premier lieu les principales concentrations. Cette forte concentration spatiale tend à la constitution d'économie d'agglomération génératrice à son tour d'économie de localisation. Dans ce dernier cas, il s'agit de la concentration d'un nombre significatif de petites firmes pouvant conduire à des liens inter-établissements caractérisables en district industriel de type numérique après analyse. Par ailleurs, le secteur TIC suivant les nomenclatures officielles (INSEE, OCDE) révèle une évolution globale dans le système productif des pays développés: la frontière entre les activités relevant du secteur tertiaire et celles relevant du secteur secondaire devient de plus en plus floue. La convergence spatiale qui semble se profiler entre ces secteurs d'activités nécessite une compréhension plus poussée au niveau local et donc l'analyse d'un cas spécifique de ces nouvelles modalités de localisation. L'étude des disparités dans la localisation de certaines activités majeures du domaine des TIC (comme les centres d'appels), permet de disposer d'un utile indicateur de cette évolution de la localisation des TIC. A travers cette étude de cas, nous tenterons de faire le point sur la notion de « district numérique » souvent utilisée, et d'examiner la situation de la technopole montpelliéraine. Nous nous demanderons comment s'effectue la transition vers une spécialisation sur les TIC et si l'hypothèse de l'évolution de certaines composantes territoriales de technopoles classiques en districts de type numérique se vérifie.