Résumé
À rebours d’une diversité conçue comme un problème dans le champ éducatif (Ploquin, 2006), ma communication propose un retour d’expérience d’une recherche-action fondée sur des ateliers de poésie orale plurilingues, menée avec des enseignants de cycles 2 et 3 d’une école de Nîmes. Située en REP et caractérisée par une grande diversité culturelle et linguistique, celle-ci accueille des enfants venus d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, dont certains accompagnés en UPE2A, parlant des langues minorisées et ayant souvent connu des situations de grande vulnérabilité. Dans une approche ethnographique et comparative avec une recherche menée à La Réunion (Glâtre, 2023), il s’agira d’étudier dans quelle mesure des approches à la fois plurilittéraciées (Moore & al., 2014) et plurilingues, peuvent favoriser une logique curriculaire (Harlé, 2021) réagençant la forme scolaire et permettant ainsi une école plus inclusive.Nous verrons qu’une articulation entre pratiques écrites et performances orales, dans un optique d’auteurisation (Brunel & al., 2023), rend le rapport à la littératie plus sécurisant. En prenant la littérature au sérieux (Chabanne & al., 2004), via une approche à la fois créative et colludique, se produit un au-delà de la récitation, dans une interprétation qui laisse la possibilité de développement de compétences scripturaires et prosodiques. Parallèlement, une approche plurilingue autorise un dépassement des idéologies langagières (Riley, 2012) véhiculées par l’école. En alliant écriture narrative (Tauveron, 2007), autobiographie langagière (Molinié, 2006) et démarche de traduction entre leurs langues, les élèves font l’expérience d’un plurilinguisme additif et déplacent leurs autoreprésentations linguistiques (Auger, 2018). Un travail de mise en musique, enfin, montre l’intérêt d’une pratique de « musilangage » pour le développement de compétences transculturelles (Joliat & al., 2021).