Résumé
Dans le centre ancien de la ville de Grasse, un grand projet de réhabilitation de l’habitat s’est accompagné de fouilles préventives offrant ainsi une opportunité rare d’analyser l’évolution des maisons urbaines depuis le Moyen Âge. Rapidement, dans un contexte contraint par des activités diverses, une population fluctuante au cours du temps et une probable économie de matériau impactant profondément la structure de ces maisons, la complexité d’une telle étude s’est imposée. Dans une telle situation, le dialogue entre l’archéologue spécialiste du bâti et le dendrochronologue est impératif pour tenter de répondre notamment à la question suivante : « qu’est-ce que l’on date ? ». Cette question permet d’orienter l’échantillonnage qui est une étape clé de ce type d’étude. Il convient alors de systématiser les prélèvements sur tous les bois d’œuvre, poutres, solives, cloisons. En effet, au sein de ce type de bâti médiéval les bois utilisés ne sont pas toujours de première qualité. Si ces constructions, essentiellement en chêne, présentent de nombreuses pièces de bois issues d’individus pluri centenaires, plus de la moitié des pièces présentent moins de 50 cernes ou sont composées d’une autre essence, et donc impropres à une datation dendrochronologique. Enfin, dans une région ou aucun référentiel de datation pour le chêne n’existait, cette étude d’envergure a permis la création d’un premier référentiel « chêne » pour la région sud-est.