Résumé
Les mangroves jouent un rôle écologique et socio-économique essentiel dans les territoires insulaires tropicaux : elles participent à la dynamique sédimentaire du littoral, atténuent l’énergie des vagues, stockent du carbone et servent d’habitat pour de nombreuses espèces. À Mayotte, ces écosystèmes sont soumis à une pression croissante, liée à l’anthropisation, à l’érosion et aux effets du changement climatique.Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido (catégorie 4) a traversé le nord de Mayotte, causant des dégâts importants aux infrastructures et aux milieux naturels. Dans un tel contexte, l’évaluation rapide de l’impact sur les mangroves est un enjeu majeur pour orienter les efforts de gestion, notamment lorsque l’accès au terrain est limité.Cette étude propose une approche reproductible basée sur l’analyse de séries temporelles d’images satellites Sentinel-2 (programme Copernicus), disponibles en open data. Grâce à leur résolution spatiale (10 m), leur fréquence d’acquisition (5 jours) et leur compatibilité avec des outils open source, ces données permettent de suivre l’évolution de la végétation via l’indice NDVI avant et après le passage du cyclone.L’approche développée permet : (i) de quantifier les pertes de végétation et les signes précoces de reprise ; (ii) d’identifier des gradients spatiaux de perturbation ; et (iii) de localiser les zones prioritaires pour la restauration. Elle a révélé une baisse moyenne du NDVI de 55 % dans les mangroves du Nord, contre 20% dans le Sud, reflétant fidèlement la trajectoire du cyclone.Les résultats ont été validés a posteriori par des observations de terrain selon la méthode DARAMA. Cette démarche démontre l’intérêt d’une télédétection opérationnelle pour renforcer le suivi des écosystèmes côtiers et mieux anticiper les réponses post-cycloniques, en particulier dans les contextes insulaires à données limitées.