Résumé
Cette présentation examine comment les systèmes agroforestiers à base de cocotiers peuvent contribuer efficacement à l'atténuation de l'érosion côtière dans les régions tropicales, un phénomène aggravé par le changement climatique et la montée du niveau de la mer. L'érosion affecte sévèrement les écosystèmes côtiers, les infrastructures et les communautés riveraines. Si des solutions d'ingénierie classiques comme les digues existent, les auteurs privilégient ici des solutions fondées sur la nature, notamment l'utilisation d'espèces pérennes aux systèmes racinaires complémentaires. Cette présentation s'appuie sur des observations récentes en Côte d'Ivoire (août 2023), où l'érosion marine a pris des proportions dramatiques. L'analyse des solutions déjà existantes à base de plantes arborées révèle des limites : les cocotiers, bien que utiles, sont souvent plantés trop espacés pour prévenir efficacement l'érosion (exemple des Comores). Le filao (Casuarina sp.), doté de racines profondes et solides, atténue l'érosion mais stabilise mal le sable. L'amandier tropical présente quant à lui des racines robustes et une polyvalence prometteuse. Cependant aucune de ces plantes ne fournit à elle seule une solution satisfaisant pour optimiser la lutte contre l'érosion marine. Face à ces constats, les auteurs préconisent des barrières multi-espèces pour renforcer la résilience écologique. Un projet pilote, proposé pour la Côte d'Ivoire, vise à établir une barrière végétale de 5 à 10 mètres de large sur 100 km de long, associant au minimum quatre espèces complémentaires : des cocotiers (variétés sélectionnées pour leur tronc large et système racinaire puissant), des filaos (apportant une stabilisation profonde), des amandiers tropicaux (racines solides et usages multiples) et des acacias (Acacia auriculiformis) pour leur croissance rapide et leur capacité de fixation d'azote bénéfique au système. Outre la stabilisation du littoral, ces systèmes agroforestiers offrent plusieurs co-bénéfices : soutien à la biodiversité, diversification économique pour les communautés locales, et valorisation des savoirs écologiques traditionnels, encore trop peu intégrés dans les politiques publiques. Les auteurs identifient plusieurs axes de recherche prioritaires : étude des morphologies racinaires, interactions entre espèces, et effets " d'ingénierie écosystémique ". Ils appellent à la mise en oeuvre de projets pilotes, à la création de politiques incitatives et à des programmes de sensibilisation communautaire afin de généraliser ces pratiques agroforestières. Ce modèle intégré, peu coûteux et écologique, constitue une alternative durable aux infrastructures rigides, alliant adaptation climatique, conservation des écosystèmes et développement local. Les perspectives incluent l'extension de cette approche en Afrique et dans le Pacifique. La présentation conclut en soulignant le potentiel de ces barrières végétales optimisées comme solution durable face aux défis côtiers croissants.