Résumé
L’effet tunnel est incontournable pour parfaire notre compréhension de laréactivité chimique. Permettant le passage de barrières de réactioncinétiquement infranchissables, son rôle primordial dans les réactions à bassetempérature et pour l’échange d’éléments légers est bien connu. Cependant,l’assomption selon laquelle il serait sans impact hors de ces cas de figure aégalement été démentie ces dernières années: Ni l’échange d’élémentschimiques plus lourds que l’hélium[1], ni les réactions à température ambiantene justifient de le négliger à priori[2]. Sa capacité à orienter la formation d’unproduit de réaction l’élève au rang de troisième voie de contrôle de laréactivité, au même titre que les contrôles cinétique et thermodynamique[3].De ce fait, il est nécessaire de disposer de méthodes numériques capablesde reproduire cet effet purement quantique avec précision. Or, les méthodesapprochées les plus couramment employées pour estimer la probabilité detransmission, comme WKB[4], ne garantissent pas un résultat fiable( notamment en cas d’effet tunnel résonant, ou dans le régimedeep tunneling ). L’utilisation de formules analytiques dérivées de potentielsapprochés[5], une autre méthode répandue pour incorporer une estimation del’effet tunnel, souffre également de son manque de précision. Si ces méthodessont si largement utilisées, c’est avant tout pour leur simplicité et leur faiblecoût calculatoire.L’objet de cette contribution est de présenter une méthode efficace pourdéterminer la probabilité de transmission le long d’un chemin de réaction demanière exacte[6,7]. Issue d’un formalisme rigoureusement équivalent àl’équation de Schrödinger stationnaire, cette approche remplace ladétermination des états de diffusion par la propagation d’une trajectoire dansun espace des phases étendu[8,9]. La méthode et son efficacité serontillustrées sur des systèmes modèles ainsi qu’une réaction d’intérêt pourl’astrochimie[10].