Résumé
L’accès à la ressource en eau par le système racinaire conditionne directement la tolérance à la sécheresse chez les graminées pérennes. Le projet Climagie a été l’occasion d’une large investigation de la variabilité génétique de la phénologie et de ses relations avec la tolérance à la sécheresse via le système racinaire. Pour cela, des stress climatiques ont été appliqués à des populations de fétuque et dactyle, d’origine tempérée et méditerranéenne, et issues de croisement interspécifique fétuque x ray-grass (Festulolium) diversement recombinées. L’évaluation de la réponse génétique a été réalisée par prélèvements d’individus ou récoltes de graines directement dans les peuplements, qui ont été ensuite comparés aux populations initiales dans des dispositifs en pépinière. Les résultats montrent que lorsque la morphogenèse ne permet pas de contribuer à un enracinement profond, la phénologie devient une variable critique de la réponse au déficit hydrique. Vis-à-vis de la fétuque élevée, les populations d’origine méditerranéenne de dactyle se démarquent par une extrême précocité de leur épiaison au printemps. En situation d’hybridation interspécifique, on observe que l’on peut obtenir une réponse génétique au déficit hydrique mobilisant simultanément des mécanismes de tolérance propres à chacune des espèces parentales.