Résumé
La maladie du court-noué est causée par deux virus, le grape fanleaf virus (GFLV) et l’arabis mosaic virus (ArMV) transmis respectivement par les nématodes Xiphenema index et X.diversicaudatum. dans la perspective d’une interdiction de l’emploi des nématicides en vignobles, la recherche d’une solution génétique alternative est en cours depuis plusieurs années. Initialement basée sur les méthodes de l’hybridation, elle a abouti récemment à la sélection d’une nouvelle obtention porte-greffe, dérivée de l’espèce Muscadinia rotundifolia et présentant une résistance élevée à la multiplication de X. index. Mise en expérimentation en sol fortement infecté, cette obtention montre une résistance à la transmission du virus très supérieure à celle du porte-greffe SO4. cependant, sa résistance n’est pas totale et ses qualités culturales devront sans doute être améliorées. La stratégie actuellement développée consiste donc : dans un premier temps, à induire chez cette obtention, ainsi que chez des variétés porte-greffe des résistances au virus dérivées du pathogène, soit dirigées contre un même virus mais induites par des transgènes différents (coque protéique, replicase, protéine de mouvement, …), soit induites par le même type de transgène mais dirigées contre chacun des deux virus responsables de la maladie du court-noué. Dans un deuxième temps, à recombiner par croisement les différentes résistances au sein d’un même génotype présentant les aptitudes culturales requises. Le recours à l’hybridation présente l’avantage de permettre l’élimination des gènes marqueurs de sélection indésirables, dans la mesure où la transformation aura été réalisée avec un vecteur de transfert (Agrobacterium tumefaciens) chez lequel gènes d’intérêt et gènes marqueurs sont portés par des plasmides binaires différents. Dans le cadre de cette stratégie, le travail actuellement en cours a déjà permis de vérifier que des transgènes (nptII, uidA, et gène de la coque protéique du GFLV) introduits dans le génome de porte-greffe de vigne peuvent se transmettre par hybridation et s’exprimer de manière normale en montrant une ségrégation de type mendélien