Résumé
Les sociétés coopératives et participatives (SCOP), en tant qu'organisations hybrides, sont de plus en plus considérées comme des modèles propices au bien-être au travail. Pourtant, peu de recherches se sont penchées sur les facteurs contribuant au bien-être des coopérateurs. Cette étude quantitative, menée auprès de 510 salariés de SCOP, avait pour objectif d'examiner le rôle de la relation d'emploi dans ces structures sur les deux dimensions du bien-être professionnel, à savoir le bien-être hédonique (prédominance des émotions positives sur les émotions négatives) et le bien-être eudémonique (accomplissement de soi).Pour cela, le concept de « non-réplicabilité du contrat psychologique » a été mobilisé. Il s’agit de la perception d'un salarié selon laquelle les termes de son contrat psychologique (CP) actuel ne sont pas facilement reproductibles dans d'autres organisations. Deux types de contrat psychologique peuvent être identifiés dans les SCOP : CP « immatériel » incluant les valeurs coopératives menant à des rétributions immatérielles (soutien, solidarité, démocratie participative, reconnaissance, etc), et CP « matériel » contenant les termes transactionnels du travail (salaire, formation, développement de carrière, etc).L’étude a testé les effets de ces deux types de contrat sur le bien-être des coopérateurs, ainsi que l’effet médiateur du sens du travail sur ces relations. Percevoir que leur CP « immatériel » est difficilement transposable dans d'autres organisations est lié aux deux dimensions du bien-être professionnel chez les salariés de SCOP. En outre, le sens du travail apparait comme un médiateur dans ces relations. Estimer que le CP « matériel » est peu réplicable ailleurs est associé, dans une moindre mesure, au bien-être eudémonique, mais n’est relié ni au bien-être hédonique ni au sens du travail.La communication se conclut par la discussion des implication théoriques et pratiques de ces résultats.