Résumé
Conférence donné dans le cadre de la SCEC/CAC annuel à Québec " L’étude des martyrs militaires est un sujet ancien mais qui a été oublié disait André Corvisier (1918-2014). Le sujet a trouvé quelques intérêts des myriades de dossiers. Parmi ces dossiers les plus célèbres il y a les στρατηλάται/ stratélai (stratélates) ou « l’état-major » des saints militaires selon Hippolyte Delehaye qu’il qualifie comme étant les plus populaires car ils interviennent en personne sur le champ de bataille. Cet état-major est composé de saint Georges, les saints Théodore, saint Procope, saint Mercure et saint Démétrios. Si la grande majorité de ces saints militaires sont des sauroctones, Démétrios se distingue en remplaçant la mise à mort d’un dragon par la mise à mort d’un gladiateur. La somme érudite effectuée par Paul Lemerle en 1979 résume bien la complexité d’une étude sur le saint patron de Thessalonique : « (…) tout a été dit mais aussi on ne sait rien ». Néanmoins il existe un angle qui a été peu abordé dans sur saint Démétrios : sa particularité en tant qu’athleta Christi. Effectivement cette épiclèse est souvent considérée selon les traditions chrétiennes comme un synonyme de saint martyr militaire. Pourtant Démétrios est le seul saint martial à affronter un sportif, le gladiateur Lyaeus et avoir son sanctuaire bâti sur d’anciens thermes, prolongement des gymnases grecs. Pourtant les métaphores sportives dans la littérature chrétienne se retrouvent dès les origines (Timothée 2 :4-7-8) et force de constater que la popularité du culte de Démétrios incarne un tournant dans l’usage de cette dénomination. Cette étude aspirera à examiner dans quelle mesure l’allégorie de l’athlète chrétien s’est vu être amalgamée à la spiritualité et la dévotion des martyrs militaires. "