Résumé
La réussite apprenante constitue aujourd’hui un enjeu politique fort, aussi bien au collège (Cordonnier et Fauche,2018), qu’au lycée, qu’à l’université (Romainville 2000 ; Michaud et Romainville, 2012). Cette réussite est relative à denombreux facteurs qui sont, actuellement et depuis plusieurs années déjà, étudiés dans le cadre de recherche ensciences de l’éducation. Parmi les questions posées, nous retrouvons la mesure et la compréhension de l’influencequ’ont le comportement des camarades au collège et au lycée dans le choix d’une orientation (Monso et al., 2019), lamotivation en contexte scolaire (Viau, 2003), le poids des origines socio-culturelles (Dupriez et al., 2012), la questiondu sens dans le parcours d’orientation (Moutouh, 2017) ou encore la place et la construction des stéréotypes de genre(Plante et al. 2010).En réponse à cet enjeu, plusieurs types de dispositifs se sont développés ces dernières années. Parmi eux, nousretrouvons les Cordées de la Réussite. Dispositif interministériel et partenarial lancé en 2008, ces cordées visent lamise en place d’un accompagnement (Paul, 2012) dédié à la poursuite d’études supérieures et/ou l’insertion socialeet professionnelle de chacun des apprenants. Dans ces dispositifs, différents établissements sont « encordés ». Ilsparticipent par leurs échanges au développement de l’égalité des chances des apprenants inscrits dans cesétablissements.Nous souhaitons par nos travaux contribuer au développement de ces dispositifs. Notre ambition est d’appréhenderles conduites de co-construction des actions menées par le collectif au sein de ces organisations : mieux comprendrece qui se joue au sein de ces Cordées de manière à accompagner au mieux les acteurs impliqués et ainsi favoriser lapérennisation de ces dispositifs. Notre positionnement est de considérer que les activités réalisées par ses membresne découlent pas d’une organisation préétablie, préconstruite en amont lors de la demande de construction officiellede la Cordée, mais qu’elles sont au contraire advenues comme le résultat d’un processus d’organisation du travailcollectif dynamique (Lave et Wenger, 1991).En prenant appui sur le corpus des 14 comptes rendus écrits depuis 3 ans par les différents membres impliqués dansla cordée SOAN (S’Orienter et s’Approprier le Savoir avec le Numérique), nous caractérisons les résultats visibles,observables et analysables de l’activité menée au fil du temps par le collectif. Les comptes rendus, que nous avonsalors envisagés comme des « traces d’activité » (Ollagnier-Beldame, 2011), nous servent de matériau pour « enquêterdu dedans » (Lapassade, 2002 : 379).Les résultats de l’analyse soulignent une progression dans les échanges qui sont d’abord centrée sur les valeursdéfendues par tous les membres de la cordée, puis sur les rencontres opportunes qui structurent les activitéscollectives du moment, ensuite sur les actions concrètes à court terme (enquêtes de terrain, partage de ressources,d’informations, participation à des manifestations, etc.) suivies d’autres, qui a plus long terme (sur l’année),rassemblent de nouveaux acteurs non initialement impliqués dans la Cordée (stagiaire, etc.), amenant à l’identificationde compétences développées au sein à la cordée et pouvant être mises au service du collectif (ateliers de formation /d’information). Enfin, ces ateliers amènent dans la perspective de renouvellements à laisser une trace de l’action autravers de ressources numériques.