Résumé
Les phosphatières du Quercy, dans le sud-ouest de la France, ont livré des assemblagesfossiles exceptionnels couvrant l’Éocène et l’Oligocène, notamment l’intervalle de la transitionÉocène–Oligocène. Si les vertébrés y sont documentés en détail depuis des dizaines d’années, lesdonnées botaniques restent jusqu’à présent limitées. Cette étude a pour objectif de proposer unesynthèse préliminaire de la diversité végétale étudiée dans le Quercy dans le cadre de l’ANRENLIVEN et d’évaluer son apport à la reconstitution des environnements locaux. L’analyse reposesur l’intégration de graines, fruits, bois, fleurs et pollen, chaque type de reste étant d’abordinterprété séparément d’après sa composition taxinomique et ses affinités écologiques, puisconfronté aux autres proxies. Les assemblages éocènes comprennent notamment des Vitaceae, desSapotaceae et des Arecaceae, tandis que les assemblages oligocènes associent encore des élémentsthermophiles ligneux, tels que des Vitaceae, des Anacardiaceae et des Arecaceae, ainsi qu’un signalplus marqué de conifères, avec des Cupressaceae et des Pinaceae. Du pollen issu des coprolithescomplète ce signal en documentant, selon les niveaux, des taxons tels que Quercus, Betulaceae etJuniperus, et suggère une végétation plus diversifiée que ne le montrent les seuls macrorestes.L’ensemble indique la persistance d’environnements forestiers avec lianes et autres ligneuxthermophiles dans le Quercy, tandis que les assemblages oligocènes traduisent une composante plusxérique ou plus saisonnière qu’à l’Éocène et suggèrent une végétation plus hétérogène, de typemosaïque. Ces résultats suggèrent ainsi que le Quercy a pu conserver localement des conditionsréfugiales, ou du moins tamponnées, favorables au maintien de taxons chauds et humides, tout ens’inscrivant dans une tendance régionale plus large à l’ouverture des paysages et à l’augmentationde la saisonnalité.Cette étude est financièrement supportée par l’Agence Nationale de la Recherche : ENLIVEN (ANR-22-CE02-0014-01).