Résumé
Les fluorimètres de terrain de type GGUN (Albillia SARL) permettentde mesurer in situ la fluorescence d’une eau en continu. Ils sont aujourd’hui très largement utilisés pour instrumenter des exutoires karstiques.Dans le cadre d’un traçage artificiel, le GGUN permet de suivre la restitution d’au plus trois traceurs, une optique permet également le suivi dela turbidité. D’après des études récentes, ils permettraient de suivre lesvariations de Matière Organique Dissoute (MOD) fluorescente, traceurnaturel des eaux d’infiltration. D’autre part, la MOD fluorescente et laturbidité, de par leurs variations naturelles, peuvent perturber la mesurede la restitution d’un traceur artificiel. Dans le but de mieux comprendrele fonctionnement du GGUN et d’optimiser le suivi de la fluorescencenaturelle et artificielle aux émergences karstiques, des fluorimètres ontété installés au niveau de deux exutoires karstiques appartenant au SOkarst (http ://www.sokarst.org/) à la source du Lez depuis avril 2010 et àla Fontaine de Nîmes depuis juin 2012. Parallèlement à ce suivi in situ,un suivi régulier (bimensuel à journalier en crue) de la fluorescence naturelle par spectrofluorimétrie 3D a été réalisé pour le suivi de la MODfluorescente à la source du Lez, complété par quelques prélèvementsponctuels à la Fontaine de Nîmes. La comparaison de ces deux types desuivis démontre qu’il est possible de suivre en continu les variations desdifférents composés de la MOD aux deux émergences karstiques. Cesrésultats permettent également de mieux comprendre la dynamique dessignaux d’origine naturelle mesurés par les optiques du GGUN. Ainsi,dans le cas d’une restitution de traceur artificiel influencée par l’évolution du bruit de fond, il devient possible de simuler précisément lesignal qui aurait été mesuré en l’absence de traceur pour s’affranchir deson influence sur la courbe de restitution.