Résumé
La fraise (Fragaria × ananassa) et la tomate (Solanum lycopersicum) sont deux cultures économiquement importantes sensibles au champignon Botrytis cinerea, responsable de la pourriture grise au champ et sur les fruits lors du stockage post-récolte. Face aux enjeux environnementaux et sanitaires liés à l’usage des fongicides de synthèse, stimuler les défenses des plantes via la voie des phénylpropanoïdes apparaît comme une alternative prometteuse (Ramaroson et al., 2022). Cette voie métabolique débute par la conversion de la phénylalanine (Phe) en acide trans-cinnamique via l’enzyme phénylalanine ammonia-lyase (PAL). Les composés phénoliques produits, notamment les flavonoïdes, stilbènes ou acides phénoliques, contribuent à la résistance aux pathogènes via des fonctions antioxydantes, structurelles et de signalisation (Saini et al., 2024). Des travaux récents montrent que l’application exogène de Phe peut induire une résistance accrue des plantes à des infections fongiques. L’application préventive d’une solution de 4,1 mM de Phe confère une résistance à B. cinerea sur feuilles détachées de tomate (Oliva et al., 2020). Sur fraise, des pulvérisations de 10 mM en pré- ou post-récolte diminuent la sensibilité des fruits sans affecter leur qualité (Pons et al., 2025). L’effet de la Phe semble indirect, via l’induction de métabolites de défense par la plante (Oliva et al., 2020), et son efficacité accrue proche de la récolte pourrait s’expliquer par une métabolisation rapide de la Phe en composés actifs (Kumar Patel et al., 2020). L’étude vise à (1) explorer l’effet de différents paramètres sur l’efficacité de la protection induite par la pulvérisation de Phe contre B. cinerea (dose, moment d’application, génotype de la plante, souches de l’agent pathogène) sur fraise et tomate, (2) développer une compréhension fine de la métabolisation de la Phe dans ces conditions, et (3) évaluer l’impact de ce traitement sur la qualité et la conservation des fruits.