Résumé
L’imperméabilisation des sols urbains, dont l'un des objectifs est d'évacuer au plus vite le ruissellement pluvial, est devenu, en peu de temps, la source de nombreux problèmes. Cela contribue à augmenter le volume ruisselé et par là même aggrave le risque d’inondation et dégrade la qualité des eaux de surface. Cette imperméabilisation, le plus souvent réalisé en bitume noir ou en béton gris, contribue également à la hausse des températures dans les villes - ainsi qu'à la baisse de la biodiversité. Notre article, qui s'appuie sur l'interdisciplinarité, évoque la situation de la Métropole de Montpellier (Sud de la France), qui connaît l'une des plus fortes croissances démographiques et urbaines de France. Elle pose la question de l'impact de l'augmentation des constructions sur la qualité de l'eau dans un bassin versant côtier petit et fragile du bord de la Méditerranée. Elle interroge également les politiques publiques locales pour tenter d'identifier les freins et les leviers aux actions de désimperméabilisation encouragées par les agences gouvernementales - qui promeuvent des techniques vertes alternatives (et le retour aux sols urbains perméables) pour mieux gérer les ruissellements. Pour ce faire, il mobilise du matériel empirique collecté lors d'une enquête sociologique - en plus de mesures hydrologiques et chimiques. Notre réflexion permet de suggérer des pistes pour penser démocratiquement le démantèlement des sols urbains imperméables, pour diminuer et freiner les ruissellements des zones urbaines, et ainsi améliorer à la fois l'habitabilité de nos villes et la qualité des eaux côtières.