Résumé
Le Sahel est une région soumise à des aléas climatiques de plus en plus extrêmes. Sa forte croissance démographique le rend également particulièrement vulnérable concernant la gestion de l'eau, la sécurité alimentaire ou les risques hydro-climatiques. Dans ce contexte, la communauté scientifique s'attache à proposer des méthodologies facilitant le suivi des ressources en eau et végétales. Ces méthodologies reposent sur la compréhension et la modélisation du fonctionnement thermo-hydrique des grands types d'écosystèmes. Notre étude se focalise ainsi sur l'analyse de l'impact des pratiques agricoles dans les modèles de transfert Sol-Végétation-Atmosphère (SVA), outils dédiés à la quantification des bilans d'eau et d'énergie à la surface. Elle a comme objectif : i) d'identifier les processus clés régissant la répartition des flux permettant d'évaluer la pérennité des systèmes agricoles actuels face aux changements socio-climatiques, et ii) d'identifier les leviers d'action pour une adaptation durable de ces systèmes. Plus particulièrement, cette étude vise à mieux comprendre les impacts de la pratique de mise en jachère qui est traditionnellement conduite au Sahel agropastoral. Dans ce but, le modèle SiSPAT a été étalonné sur le site de mesure de Wankama, dans le Sud-Ouest du Niger, sur une parcelle agricole avec une mise en jachère suivie d'une culture de mil. L'étalonnage du modèle, mené année par année après la rotation, a permis de mettre en évidence les effets du labour effectué au moment de cette dernière sur les propriétés hydrodynamiques des premières couches du sol : hausse de 10 % de la porosité, conductivité hydraulique multipliée par 3.5, atténuation au fil des ans. Ceci impacte la capacité d'infiltration du sol, avec une infiltration plus importante et perdurant plusieurs années. La répartition entre évaporation et transpiration s'en trouve elle aussi impactée, au profit de la transpiration du fait du stockage de l'eau en profondeur. L'étude de la phase de rotation inverse (mil vers jachère) est également en cours d'analyse à l'aide des données disponibles et du modèle SiSPAT, afin de comprendre l'impact à plus long terme du cycle de rotation complet, tant sur les propriétés du sol que les processus d'infiltration et de recharge diffuse en milieu agricole.