Résumé
L’application de modèles hydrologiques pour la prévision des crues sur bassins versants à composante karstique nécessite de localiser les zones infiltrantes, ruisselantes, et temporairement ruisselantes (suite à la mise en charge de l’aquifère). Pour cela, il est nécessaire de développer une méthode de détection de ces caractéristiques à l’échelle de la France, où les formations carbonatées (dans lesquelles on trouve les secteurs karstiques) sont fortement représentées.Une première approche basée sur l’utilisation de l’Indice de Développement et de Persistance des Réseaux (IDPR, ©brgm), qui permet de décrire le caractère ruisselant/infiltrant d’un territoire, a été testée. L’IDPR, qui se présente sous forme de grille disponible à l’échelle de la France à une résolution spatiale de 25m, analyse l’écart entre le réseau topographique des talwegs et le réseau hydrographique naturel pour estimer la nature ruisselante ou infiltrante des terrains étudiés. Cette première approche a pour objectif de mettre en évidence sur un bassin test, les relations entre des indicateurs de ruissellement issus de mesures de débits et l’IDPR.La méthode est appliquée sur le bassin du Tarn à Millau (2200 km²) qui draine des zones de socle dans les Cévennes et des zones karstiques dans les Causses. Les données de débits journaliers Qt de 13 stations hydrométriques ont été compilées sur les 30 dernières années et décomposées en débits de base Qb et de crue Qf.Les premiers résultats montrent que le ratio Qf/Qt calculé sur la base de données moyennes interannuelles est corrélé à la valeur moyenne de l’IDPR sur chaque sous-bassin. L’IDPR pourrait donc constituer une approche intéressante pour régionaliser des indicateurs caractérisant les zones karstiques ruisselantes en périodes de crue. Enfin, une analyse de sensibilité de la méthode a été réalisée pour évaluer l’influence i) de l’agrégation de l’information (superficie des sous-bassins) et ii) du choix du modèle de décomposition des hydrogrammes sur les résultats obtenus.