Abstract
La question de la relation de l’homme et de son environnement s’est posée que tardivement sur le territoire d’Aix-en-Provence. Ce sont, en effet, les fouilles réalisées dans l’immédiate périphérie de la ville antique, médiévale et moderne, qui ont motivé l’émergence de cette réflexion. Les analyses paléo-environnementales effectuées lors de ces interventions ont permis, entre autre, de mieux cerner les choix et les modalités d’occupation du site urbain et ainsi de préciser le potentiel archéologique de son sous-sol. Après les travaux menés en collaboration avec l’INRAP au début des années 2000, cette dynamique s’est poursuivie et enrichie grâce au recrutement par la ville d’Aix-en-Provence, en 2007, d’un géoarchéologue auquel ont été donnés les moyens nécessaires pour mener à bien ses missions (achat de matériel, crédits pour analyses…) .Les travaux pluri-disciplinaires - paléo-environnementaux dans un premier temps, puis réellement géoarchéologiques aujourd’hui – font dorénavant partie intégrante de la recherche archéologique sur l’ensemble du territoire communal. Dans les sites périurbains que l’archéologie préventive a abordés au cours des deux dernières décennies, les dynamiques sédimentaires holocène, souvent puissantes, sont apparues incontournables. Ces variables, conditionnant aussi bien l’occupation du sol que la disparition de séquences stratigraphiques, se sont progressivement imposées comme des éléments de décision importants pour le SRA en termes de prescription et de programmation.Le cahier des charges des diagnostics et des fouilles préventives comporte, en effet, souvent un volet spécifique sur l’évolution des milieux en plus de leurs modalités d'occupation, y compris pour les opérations prescrites en dehors des zones de présomption de prescription archéologique (ZPPA). Ce volet engage généralement la réalisation de sondages ou transects abordant des strates ne présentant pas de vestiges archéologiques. Il arrive également que des diagnostics archéologiques soient prescrits à seule fin de compléter le corpus géoarchéologique. Ainsi, depuis 2007, plus d’une dizaine d’interventions, principalement situées dans la plaine de l'Arc et dans celles de ses affluents, ont été menées principalement pour développer les recherches géoarchéologiques. La responsabilité de ces opérations revient généralement au géoarchéologue. Le partenariat avec le SRA s’est poursuivi par le financement du PCR « Archéologie environnementale de la vallée de l’Arc de l’âge du Fer à L’Antiquité tardive», piloté par la DAMVA entre 2016 et 2019 et il est envisagé d’intégrer la dimension géoarchéologique dans la prochaine révision des ZPPA. La réflexion paléo-géographique menée par la DAMVA l’a conduite à compiler et traiter les données sédimentaires disponibles dans le centre-ville, qu’elles proviennent d’opérations archéologiques ou géotechniques. La masse de données collectées est aujourd’hui la source d’informations la plus importante. Ce travail a abouti à la mise en place d’un modèle en trois dimensions du sous-sol du centre urbain, qui ne sert pas seulement la recherche archéologique ; il constitue aujourd’hui un outil partagé avec les autres services de la collectivité. Ainsi, la direction des bâtiments, à travers son service des risques et périls, s’en est emparée pour analyser les causes des désordres architecturaux constatés sur certains édifices. Identifié comme le référent du recensement des données sédimentaires dans l’espace urbanisé, le géoarchéologue de la DAMVA a désormais un accès facilité aux rapports géotechniques, jusqu’alors délicats à obtenir, ce qui enrichit grandement la recherche paléo-géographique et géoarchéologique.