Résumé
Les zones portuaires représentent des socio-écosystèmes littoraux à l’interface terre-mer, exposées à des sources de pollution locales et recevant des apports terrigènes des bassins versants. Ce projet visait à approfondir l’étude des opérations de dragage dans les ports du golfe d'Aigues-Mortes et à l’étendre aux ports de Ghar el Melah en Tunisie. Des analyses sédimentologiques et minéralogiques, ainsi que la détermination des concentrations d’éléments traces métalliques dans des échantillons d’eau et de sédiments de la lagune, ont été effectuées. Ces analyses ont révélé des niveaux élevés de contamination sédimentaire, notamment en cadmium, cuivre et zinc, dans les deux zones portuaires, incluant le vieux port (petites unités de pêche dans la lagune) et le nouveau port de commerce. Pour les zones les plus contaminées, les niveaux de concentrations observés sont comparables dans les ports français et tunisiens étudiés, empêchant leur immersion en mer selon la réglementation française. Une attention particulière a été portée à la comparaison de la gestion des opérations de dragage sur les deux rives de la Méditerranée et à la possibilité de réutiliser ces sédiments pour le rechargement des plages en érosion. Enfin, des enquêtes de perception ont été menées auprès des acteurs et usagers des ports pour évaluer les risques de submersion marine, la perception de la dégradation de la qualité des milieux, les opérations de dragage, la réutilisation des sédiments dragués et les usages sur les différents sites en France et en Tunisie.