Abstract
Les paysages du bassin versant des Gardons en Cévennes ont été façonnés par les hommes au fil del’histoire et de l’eau. Nous proposons une analyse de l’évolution territoriale des interactions hydrosociales àtravers l’identification de lieux dont « l’épaisseur des héritages » (Ballouche et al., 2015) permet de révélerdes dynamiques de transformation des interactions entre les activités humaines et les Gardons (rivières), etleur bassin versant, depuis le XIXème siècle. Cette entrée par les lieux questionne les interactionshydrosociales du point de vue d’un habiter avec l’eau, qui redonne sa place à la matérialité des lieux et àl’agencéité de l’eau. Mêlant savoirs d’experts (géologie, hydrologie, histoire) et savoirs locaux (entretiens)pour reconstituer des trajectoires d’évolution des interactions hydrosociales sur le long terme, une approcheméthodologique est proposée, permettant de rendre manifeste le rôle que l’eau a joué dans l’évolution desmodes d’habiter. L’exemple du hameau des Aigladines, permet de décliner cette approche sur une formed’habiter typiquement cévenole. L’historicité des pratiques d’utilisation de la ressource en eau est ainsiretracée en questionnant l’évolution du rôle des cours d’eau et des nappes d’eau souterraine dansl’implantation et l’évolution économique, démographique et architecturale de ce hameau. Cette étude permetenfin de discuter des modes d’habiter actuels au regard de l’évolution des interactions, des pratiques et desusages de l’eau.