Abstract
Connaître des propriétés du bois ancien est nécessaire aux prises de décision des ingénieurs confrontés au remploi d’éléments de structure issus de la déconstruction de bâtiments anciens comme du maintien en service d’un monument historique. Les recherches menées au Japon à partir de bois récupérés de constructions traditionnelles (Kohara 1958) ont mis en évidence quelques tendances pour l’effet du vieillissement naturel: dégradation de polysaccharides, assombrissement (Matsuo et al 2011), peu d’effet sur la rigidité voire la résistance, décroissance de l’énergie de rupture et cela surtout dans la direction transverse au fil (Yokoyama et al 2009)… Ces effets sont assez similaires à ceux d’un traitement thermique, même si des observations contradictoires sont rapportées (Kranitz et al. 2016). De telles recherches se heurtent à deux difficultés majeures : l’obtention d’un échantillonnage bien identifié de bois anciens et la variabilité intrinsèque du matériau. Le bois récupéré de la charpente brulée de Notre-Dame de Paris représente à ce double égard une opportunité exceptionnelle : on dispose en effet d’une source de matériel d’étude inhabituellement abondante de bois de chêne mis en œuvre il y a 1 à 8 siècles, dont la datation précise fait déjà l’objet d’un travail en cours dans le cadre de l’ANR Casimodo. Mené en marge de cette ANR, le présent projet vise à caractériser l’évolution des propriétés du bois de chêne avec son âge. Le vieillissement dont il est question ici est la lente oxydation en volume, indépendamment de l’effet additionnel de la dégradation de surface (wheathering) ou de l’endommagement induit par des actions mécaniques ou hygromécaniques. Dans le cas du bois de NDP il convient également de considérer l’effet de l’incendie, se traduisant par la présence d’une enveloppe de bois carbonisée autour des restes de poutres, et, sous cette enveloppe, d’un bois « torréfié » modifié par la chaleur en plus de l’âge. Des observations basées sur l’analyse de la couleur suggèrent que cette perturbation ne concerne que les 1-2cm extérieurs des pièces récupérées. Les premiers résultats obtenus vont être présentés et analysés, ainsi que les difficultés inhérentes à la manipulation d’échantillon pollués au plomb. Références:Kohara J. (1958) Study on the old timber, Res. Report Fac. Engin., Chiba University 9 (15):1-55Kranitz K., Sonderegger W., Bues C.T., Niemz P. (2016) Effects of aging on wood : a literature review, Wood Sci. Technol. 50(1):7-22.