Résumé
Le paludisme importé reste une maladie dont la prévention et la prise en charge sont souvent négligées tant par les voyageurs que, trop souvent, par le corps médical. L'objectif de notre étude était d'évaluer chez des voyageurs français à destination de zones d'endémie paludique, les connaissances et les perceptions du paludisme. Méthode. - Nous avons réalisé une enquête observationnelle par entretiens dirigés et conduits à partir de questionnaires chez 103 candidats au voyage vers une destination tropicale, et recrutés au centre de conseil aux voyageurs du centre hospitalier universitaire de Bordeaux, France. Résultats. - Les résultats de notre enquête sont en accord avec ceux de la littérature concernant la connaissance des symptômes, le niveau général des connaissances de la maladie et la proportion des voyageurs qui n'appréhendent pas le mode de transmission. Des idées fausses sur la chronicisation inéluctable et inaccessible à un recours thérapeutique efficace et éradicateur, l'absence de catégories plus vulnérables et le rôle exclusif du médicament aux dépens des autres moyens de prophylaxie sont régulièrement observés. Conclusion. - En revanche, nos résultats sont originaux en ce qui concerne la différence d'utilisation de la chimioprophylaxie et son observance en fonction du genre, ainsi que par l'existence d'un gradient inverse dans le groupe des « voyageurs fréquents » entre le niveau de connaissance et leur perception du risque de maladie.