Résumé
Ce chapitre prend la forme d’un monologue prosopopéique écrit du point de vue de la plante Ziziphus zizyphus, située dans le Jardin des Plantes de Montpellier, dans le sud de la France. Rédigé au futur, le texte déploie un récit spéculatif dans lequel la plante décrit son environnement immédiat, son histoire nomenclaturale, ses circulations géographiques et culturelles, ainsi que les propriétés chimiques et les usages humains qui lui sont associés.Au-delà de sa forme narrative, ce chapitre interroge la prosopopée comme dispositif méthodologique et artistique, permettant un déplacement de la voix, de l’auteur et de l’agentivité. Il développe un scénario spéculatif dans lequel une sixième extinction de masse a eu lieu et où le Ziziphus zizyphus devient une « superspèce » colonisant la Terre, mettant en tension les régimes écologiques, archivistiques et épistémiques.Inscrit dans une démarche de recherche-création, ce texte propose de penser la peinture comme une pratique non visuelle, processuelle et translationnelle, en relation avec la voix et les formes archivales. Il envisage la prosopopée comme une traduction en acte, à travers laquelle des agents non humains, des mémoires et des futurs spéculatifs peuvent être articulés au-delà des cadres représentationnels.