Abstract
La résilience fait aujourd’hui figure de nouveau paradigme en matière de gestion des risques, et le projet – associé à une pratique urbanistique qui serait moins réglementaire, mais plus négociée et partenariale – est présenté comme le mode opératoire privilégié de l’urbanisme résilient, c’est-à-dire permettant d’inventer des formes architecturales et urbaines adaptées au risque d’inondation. Pourtant, si les praticiens de l’urbanisme sont souvent critiques vis-à-vis de la prévention réglementaire sur les risques imposée par l’État, qui serait rigide et briderait leur capacité à innover, la règle demeure centrale dans l’élaboration des projets d’aménagement urbain en zone inondable. L’articulation entre logique réglementaire et logique de projet, qui est une condition sine qua non de l’émergence d’un urbanisme résilient, conduit, sur le terrain, à une reconfiguration du jeu d’acteurs ainsi qu’à la mise à l’agenda de nouvelles questions que le projet s’éviterait spontanément de traiter.