Résumé
L'article porte sur l'évaluation économique des politiques publiques environnementales qui reposent sur la participation et la coopération des communautés locales. Il soutient que ces politiques possèdent une valeur intrinsèque qui est ignorée par les méthodes d'évaluation économique usuelles. Cette omission résulte de l'adhésion de l'économie du bien-être au welfarisme, doctrine selon laquelle l'évaluation d'une politique publique doit se fonder uniquement sur ses conséquences en termes d'utilités individuelles. Plusieurs auteurs (et, en particulier, Frank Hahn, Hervé Moulin, Amartya Sen, Kotaro Suzumura) rejètent cette doctrine. Ils soulignent que l'objectif d'une politique publique ne se résume pas au choix d'un état social mais implique également la mise en place d'une procédure (d'allocation autoritaire, de marché ou de choix social, par exemple) qui doit elle-même être évaluée. Différentes politiques publiques impliquent différentes procédures qui incorporent des droits, des opportunités et des bénéfices particuliers qui peuvent posséder soit une valeur intrinsèque, soit une valeur instrumentale. L'article soutient que la prise en compte de la valeur intrinsèque des procédures a des conséquences sur les recommandations que l'on peut faire en matière de politiques publiques environnementales. Elle permet aux politiques participatives de tenir la dragée haute aux autres formes de politiques publiques.