Résumé
De nombreux auteurs ont souligné que la connaissance empirique historiquement cumulée par les agriculteurs sur leur environnement - les ressources naturelles, le contexte économique - et sur les facteurs de risque qui les affectent leur permet de définir des systèmes d'activité globalement adaptés à leur propre situation (SCHULTZ, 1964; SEBILLOTTE, 1968; GERMAIN et POUSSIN, 1989; LANDAIS et DEFFONTAINES, 1988; ELLIS, 1993). Il est également reconnu que l'ignorance des logiques d'adaptation des agriculteurs de la part des agents des services d'appui constitue un frein au dialogue et à la gestion efficace de l'innovation (ROLING, 1988; FUJISAKA, 1991; LACKI, 1995). Mais il convient aussi d'admettre que, d'une part, l'observateur extérieur ne dispose que de peu d'instruments capables de révéler la cohérence des choix techniques des agriculteurs eu égard à la complexité de leur environnement et que, d'autre part, la capacité d'adaptation des agriculteurs est parfois imparfaite, notamment lorsque des facteurs de risque nouveaux apparaissent (BOUSSARD, 1979; ANDERSON et al., 1997; BROSSIER, 1989; JOURDAIN, 1999). Face à ces constats, la modélisation peut constituer une approche pertinente pour révéler le bien-fondé des choix techniques des agriculteurs et faciliter le dialogue entre agriculteurs et techniciens. Les résultats partiels d'une recherche menée dans deux petites régions latino-américaines, l'une située dans les cerrados brésiliens, l'autre dans la région ouest du Mexique, sont exposés ici. Ils éclairent sur la modélisation biophysique et socio-économique de systèmes de production complexes propres à l'agriculture familiale de ces deux régions. Après avoir justifié la recherche et présenté la structure des modèles, l'intérêt et les limites du modèle couplé sont abordés à la lumière de deux applications particulières. (Résumé d'auteur)