Abstract
Délicate est, parfois, la conciliation entre la morale, le droit et la souveraineté étatique. Tel est un des défis soulevés par l’abolition de l’esclavage sur le plan international autour des questions de l’exercice d’un droit de visite des navires plus ou moins admis et du sort des esclaves à leur bord. Elles sont notamment résolues par les magistrats des amirautés britanniques et ceux des cours américaines qui se retrouvent alors contraints à démêler le droit de la morale, contradiction évidemment embarrassante. Si ce premier est et doit être rigoureusement appliqué, il convient de relever de l’étude de diverses affaires du XIXe siècle une volonté des premiers juges de prendre soin de promouvoir la morale et l’humanité dans leurs décisions. Celles rendues par les cours américaines les démêlent cependant plus que ne les mêlent les juges anglais. Cet attachement au droit n’empêche néanmoins pas les magistrats américains de faire triompher la liberté lorsque celle-ci est compatible avec les principes juridiques. À défaut, c’est d’ailleurs la politique qui n’hésite pas à les moduler en mettant en avant un des legs du droit de la Mer : l’honneur.