Résumé
Tout processus d’innovation, dans le domaine des sciences et techniques, comme dans celui des cultures et des sociétés, procède selon une démarche incrémentale ou selon une démarche plus drastique, conduisant à une innovation dite de rupture.Dans le domaine des sciences de gestion (SG) qui traitent des relations entre les hommes à propos de l’organisation de leurs activités collectives, cette dualité est encore plus affirmée, du fait de la performativité du discours scientifique lui-même Le risque est cependant de réduire cette innovation à quelques éléments sémantiques, voire à une simple posture, prélude parfois à une imposture intellectuelle (Sokal et Bricmont, 1997). Les véritables innovateurs, non seulement, utilisent de nouveaux concepts et schémas d’analyse, et donc partent d’une position dite hétérodoxe, mais doivent les éprouver, sur une période significative, à travers de multiples formes et méthodes de validation, ce que nous appellerons une « hétérodoxie soutenable » ; laquelle peut être, à son tour, à la source d’une nouvelle orthodoxie…Pour illustrer ce constat et ce processus, les auteurs se proposent de passer en revue quelques auteurs qui, lors du siècle écoulé, ont apporté des contributions considérées comme majeures dans le champ des SG. Les premiers auteurs présentés dans cette contribution sont James G. March (1928,...) et Elinor Ostrom (1935-2012) . Cette contribution se situe dans le cadre d’une réflexion collective sur la production des connaissances dans le secteur scientifique dit des sciences économiques et de gestion (SEG), secteur lui-même composante du champ des sciences de l’homme et de la société (SHS).