Résumé
Ce chapitre clarifie le concept de sobriété en eau et donne des pistes concrètes. En quoi se distingue-t-elle de l’efficacité ? Quels leviers politiques, réglementaires, économiques peuvent être mobilisés pour l’accroître ? Quelles stratégies et techniques permettent plus de sobriété en eau ?Alors que s’accroît la menace du manque d’eau, la sobriété en eau est souvent citée comme un objectif à viser. Ce chapitre clarifie ce concept, en le distinguant de l’efficacité (dont relèvent les systèmes d’irrigation économes en eau) et de la substitution (comme la réutilisation des eaux usées traitées), avec laquelle elle est souvent confondue. La sobriété, qui consiste à produire et consommer moins de biens et de services, implique des changements profonds, contrairement à l’efficacité, qui ne se concrétise souvent que par une simple amélioration technique. Ainsi, en agriculture, principal consommateur d’eau, il s’agit de mobiliser de manière systémique un ensemble de stratégies agroécologiques à différentes échelles pour gagner en sobriété. Quant aux collectivités, elles peuvent privilégier la collecte séparative des urines, et les toilettes sèches en milieu rural. Rechercher la sobriété en eau implique idéalement de prendre appui simultanément sur plusieurs politiques sectorielles. Au sein de la politique de l’eau, les leviers mobilisables sont la limitation des prélèvements, le partage de la ressource par la concertation, les incitations économiques comme la tarification ou les subventions, et la formation ainsi que la sensibilisation.