Résumé
La création de la réserve de biosphère de la Rhön traduit sans aucun doute uneintention politique d’intégration territoriale. Située dans la partie orientale duMittelgebirge, le massif forme une petite entité naturelle, qui, au temps de la partition,était divisée entre l’Est et l’Ouest par le passage de la frontière interallemande, formantde ce fait deux petites régions périphériques aux confins des deux Allemagnes. Eloignéedes pôles de développement économique, en marge des axes principaux de circulation etd’échanges, cette moyenne montagne a rapidement souffert des effets inhibants de lafrontière, qui, conjugués à l’intérêt modéré des instances de décision politique, ontaccentué la tendance au dépeuplement et à la déprise des activités. Le maillage politicoadministratifde l’après-réunification continue d’éclater le massif entre trois autoritésrégionales : les anciens Länder de Hesse et de Bavière d’une part, le nouveau Land deThuringe d’autre part. Néanmoins, le tracé de la réserve de biosphère réunit les troisLänder dans un projet commun d’aménagement et de développement : restaurer etpréserver le milieu naturel et les paysages ruraux du massif, en réorientant les formes dela mise en valeur agricole et en contenant l’extension du bâti, dans le but de promouvoirles activités du tourisme vert. La création de nouvelles activités économiques, stimuléespar la valorisation de cette nouvelle vocation, devra permettre d’enrayer et de renverserle processus de dépeuplement et de déprise économique.La suppression de la frontière interallemande offre dans le même tempsl’opportunité de mettre en oeuvre dans la campagne collectivisée, un modèled’aménagement rural et de développement local, conçu dans les années quatre-vingt pardes sociétés occidentales confrontées aux conséquences socioéconomiques négatives duproductivisme agricole. L’importation de ce modèle dans les nouveaux Länder à lafaveur de l’ouverture du Mur et de la réunification manifeste implicitement une volontépolitique d’intégration territoriale. [...]