Résumé
Résumé Les derniers travaux concernant les principaux fleuves africains de la façade atlantique ont permis de subdiviser les chroniques pluriannuelles de leurs écoulements en plusieurs phases homogènes. L'année 1970 semble marquer à la fois pour l'Afrique Occidentale comme pour l'Afrique Centrale l'accident hydroclimatique majeur du XX ème siècle annonçant sa principale période d'écoulement déficitaire. Pour la première fois, cet article présente une étude comparative des chroniques hydro-pluviométriques de cinq systèmes de drainage (ceux du fleuve Congo et de ses principaux affluents Lualaba, Kasaï, Sangha, Oubangui) à partir de données de terrain, obtenues tant en rives gauche que droite du fleuve Congo. Une reconstitution du régime de la Cuvette Centrale est proposée. La rupture hydro-pluviométrique de 1970 est commune dans la plupart des affluents du bassin du fleuve Congo, accompagnée de réductions significatives des débits en fonction de divers facteurs (situation géographique, couverture végétale, états de surface et occupation des sols, etc.). L'Oubangui est l'affluent septentrional le plus fragile qui continue à subir des déficits d'écoulements, avec une augmentation de la durée et de l'intensité de ses étiages. Depuis 1995, les débits du fleuve Congo à sa principale station de Brazzaville/Kinshasa semblent revenir à la moyenne interannuelle depuis 1903. Toutefois à partir de cette même année, l'on peut observer également une augmentation de la variabilité saisonnière et une diminution des débits des crues printanières pour ses affluents à régime bimodal. Cet article explique quelques paradoxes hydrologiques propres à ce bassin, qui illustrent la complexité de son fonctionnement hydrologique. Il montre enfin que la période de débits excédentaires des années 1960 est l'anomalie hydrologique majeure du fleuve Congo sur une chronique continue de 116 ans. Pour l'ensemble du bassin les variations hydrologiques sont atténuées par rapport à celles des précipitations. Enfin, les régimes hydrométriques reconstitués par l'altimétrie spatiale et par la modélisation sont comparés avec ceux provenant des données in situ.