Résumé
La cartographie d’une espèce quelconque (animale ou végétale), et a fortiori d’une espèce de moustique vectrice de maladie(s), peut s’appuyer sur les connaissances expertes et faire appel aux méthodes d’analyse multicritère qui seront présentées dans le chapitre suivant (chapitre 7) ou encore résulter de l’implémentation de modèles dits « mécanistes », c’est-à-dire explicitement basés sur les connaissances des processus bioécologiques régissant le cycle de vie des individus de l’espèce (cf. chapitres 8 et 9). Cependant, il se peut que les lacunes dans les connaissances relatives à l’espèce qui nous intéresse excluent de pouvoir construire de tels modèles. Une autre solution consiste alors à se fonder sur les observations disponibles et relatives à des sites spécifiques afin d’induire un modèle des habitats de l’espèce qui permettra de prédire la qualité de ces habitats (proxy de la probabilité de présence de l’espèce) sur l’ensemble de la zone étudiée. Ce chapitre traite de tels modèles, appelés « modèles de distribution d’espèces » ou « modèles de niche écologique ». Il décrit plus spécifiquement un des modèles les plus utilisés, appelé Maxent, ainsi que son application à la cartographie de l’habitat du principal moustique vecteur du paludisme en Amazonie, Anopheles darlingi. Les innovations relatives à la minimisation des impacts des biais d’échantillonnage sur les résultats de tels modèles, proposées par les auteurs de ce chapitre, sont également décrites.