Abstract
Dans le contexte contemporain, la construction patrimoniale du paysage procède enEurope de politiques rurales qui formulent pour le devenir des campagnes, un objectif dediversification des activités socio-économiques par l’identification et la valorisation deressources territoriales nouvelles. Très concrètement, ces politiques invitent les acteurssociaux intervenant aux différentes échelles de l’aménagement du territoire à concevoir desprogrammes de développement intégrant l’inventaire et la transformation en actifs marchandou en sources de valeur économique, d’objets matériels ou immatériels du territoire local(Gumuchian et Pecqueur, 2007). Dans cette quête aux « aménités rurales », le paysages’impose comme l’un des leviers privilégiés du développement local. Il est presquesystématiquement sollicité dans la construction du patrimoine rural parce qu’il favorise lacohésion sociale et territoriale des projets de développement. Il apparaît en effet que laréférence au paysage tend à susciter le sentiment d’appartenance au territoire local. Plusprécisément, la singularisation des formes paysagères et des héritages paysagers locauxautorise le mécanisme d’identification et fonde l’unité du territoire de projet (Bonnerandi,2005).Les enjeux de cette construction patrimoniale du paysage sont déterminantsdans les territoires ruraux d’Allemagne orientale. Les campagnes y ont été brutalementdécollectivisées et l’adaptation du secteur agricole s’est opérée au prix d’un spectaculairedélestage de main d’oeuvre. Le chômage agricole et rural favorisé l’émigration vers les centresurbains et les pôles d’emploi d’Allemagne occidentale, entraînant le dépeuplement etaccentuant le vieillissement structurel de la population rurale (von Hirschhausen etLacquement, 2007). Dans ce contexte déprimé, ici plus qu’ailleurs encore en Allemagne, lerecours au paysage comme ressource de la diversification de l’économie rurale balise [...]