Abstract
Les mers sont propices à la concurrence entre les Droits des Etats et ceux des communautés non-étatiques. Abreuvées à ces deux sources, les normes traditionnelles dédiées aux jugements des faits de mer furent canalisées par leurs instances respectives, au gré d’emprunts et de captations de pouvoirs comme de compétences. Une promenade coutumière sous différentes latitudes et dans des époques diverses témoigne de cette tension.En dépit de l’apparente unité aquatique de leur ressort, on observe d’une part ainsi des influences croisées, mêlées à travers la une grande diversité des juridictions, notamment d’origine religieuse et corporative, en charge du règlement des différends maritimes. De cette diversité des juridictions et de la particularité des problèmes rencontrés en mer découlent une variété de règles. Ici aussi, en dépit d’enjeux globaux, des communautés maritimes telles que des fédérations professionnelles parviennent à opposer efficacement aux Droits étatiques publics, qui visent principalement à taxer, des règles privées (principes, usages, contrats-types…). Par-delà leur diversité, ces juridictions et ces règles se rejoignent en ce qu’elles témoignent encore aujourd’hui de la résistance qu’offrent les communautés maritimes aux Droits interne et international des Etats. En effet, cette antique justice sortie des eaux demeure féconde en coutumes transnationales. Si les prud’homies de mer résistent difficilement, les institutions arbitrales maritimes contemporaines confortent le particularisme coutumier des juridictions maritimes.