Abstract
Les jardins urbains du monde musulman médiéval ont fait l’objet de recherches pionnières qui, à partir des sources textuelles, ont analysé leur composition (architecturale, végétale) et leur organisation. Ces recherches ont permis de restituer les composantes architecturales de certains de ces jardins : murs, fontaines, citernes, seguias (canal d’irrigation), bassins, passages voutés et portes. En Espagne et au Maroc, ces sources restent malgré tout basées sur une perception normative des élites lettrées et offrent une vision partielle de ces jardins, en dépit des disparités ayant pu exister selon leur emplacement ou le contexte socioculturel et économique local. Cette perception reste intéressante, car elle révèle la façon dont les élites des sociétés médiévales conceptualisaient cet aspect de leur vie quotidienne. Mais est-elle représentative de la réalité de ces jardins ? Les témoignages archéologiques permettent de porter un regard complémentaire sur la question, documentant la « réalité matérielle » de ces espaces à une échelle locale, et notamment leur composition végétale.