Abstract
Haïti, étant Partie des conventions et protocoles internationaux, s’est engagé dans la lutte contre la détérioration du climat. Depuis 2001, en mobilisant des équipes nationales du privé et du public, Haïti travaille en coordination avec des instances internationales pour apporter sa contribution dans ce combat climatique et aussi protéger sa population dont la grande majorité (96%) est en constante vulnérabilité vu sa situation géographique qui le positionne dans la trajectoire des ouragans, les nombreuses failles sismiques qui le traversent et les déboires internes qu’il connaît tant économiques, politiques, environnementaux et sanitaires. Ce travail de recherche vise à questionner l’implication d’Haïti dans la mise en place de son Plan d’Adaptation National (PANA) et les différentes orientations priorisées pour une mise en œuvre adaptée et efficace. Pour atteindre notre objectif, celui de savoir si Haïti trouvera la bonne stratégie pour mener cette lutte et atteindre les objectifs fixés par les Nations Unies pour 2030 principalement les changements climatiques tout en pensant son développement durable, nous avons posé l’hypothèse suivante : Haïti n’arrivera à faire face seule à cette combat climatiques et penser son développement seul. Il doit s’impliquer dans un processus de prise en charge à deux battants : 1) entrer dans une dynamique de diplomatie scientifique pour échanger avec les autres pays sur les savoirs traditionnels et scientifiques ; 2) adopter une stratégie de formation et d’information de ses différentes communautés. Il a été prouvé que des initiatives ont été entreprises par le pouvoir public haïtien dans le cadre du PANA et que les voies principales retenues et considérées comme la base de toutes les autres actions à renforcer ou à explorer est la 8ième option de ce plan : Information, Education et sensibilisation. Dans ce cadre d’actions, il paraît évident que la diplomatie scientifique entre les pays de la région et aussi dans une dynamique Nord-Sud, la création de filières portant sur les changements climatiques au sein des universités, le développement de la recherche sur l’adaptation aux changements climatiques, le recensement et la promotion des formations liées à cette problématique, le renforcement de la coopération universitaire dans le pays, la mise en place d’initiatives d’observation systématique du climat, les recherches de haute qualité avec un soutien technique et financier nécessaire des institutions nationale et internationale, la valorisation des savoirs endogènes par des acteurs de terrain œuvrant dans les organisations de proximité, la formation des professionnels d’adaptation sont les perspectives à envisager.Ainsi ce travail de recherche se conclue ainsi : autant qu’Haïti a besoin de l’aide technique et financière de la part des pays les plus avancés qui se sont engagés à soutenir les efforts des pays vulnérables autant le pays a besoin de renforcer et diffuser ses savoirs traditionnels par l’information et la formation de ses différentes communautés mais aussi à construire ses savoirs scientifiques. Ce processus doit se faire dans une logique de co-construction en partageant les connaissances empiriques, les savoirs locaux et ceux intellectuels suivant les modélisations faites par ses scientifiques. C’est l’une des voies qu’Haïti doit prioriser pour avoir une place en tant qu’acteur de son développement et dans la lutte face à la crise climatique.